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ShrillDra'Eyl Rilyn
Dans l'ombre est dissimulée la cité Kel Alean domaine du roi
ShrillDra'Eyl Rilyn.
Sa population est estimée à 190 sujets sans compter les visiteurs encore accrochés aux gibets.
Pour atteindre leur cité à la position 226 * 308, nous devrons parcourir la distance suivante : 0. Celle-ci se situe sur Les Monts de Tash Dara'.
Ce seigneur fait partie des
Les lames de la nuit.
Selon le dernier recensement, il possède 30043 points au classement des héros.
Dans le majestueux livre des grandes archives de Zordania, à Egéria, il prend la place 45 .
Celui-ci grâce à ses actions a reçu les récompenses suivantes :
1
Hors Ligne
Village : Kel Alean
Groupe :

Joueur
Etat : Actif
Race :

Langue :

Décalage : 00:00:00 H
Points : 30043
Force armée : 1326
Population : 190
Position :
226x308
Région : Les Monts de Tash Dara'
Distance : 0
Alliance:
Les lames de la nuit
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Récompenses
1
| Pseudo |
Race |
Alliance |
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Actions |
Description:
Ci-gît « mon plaisir de jouer à Zordania »…
Le 8 mai 2009 j’ai succombé à cette maladie qui me rongeait depuis presque 2 ans.
Le temps passé sur Zord ne vaut plus l'absence de plaisir que j'en tire. Je m’étais accrochée dans l’espoir de découvrir un remède et j’avais cru le voir en Mosk et Grakoss : fair-play dans la victoire comme dans la défaite.
Malheureusement pour moi, ce « remède » c’est avéré défectueux :
Le 05/04/09 : 23 assauts de légions complètes en 1 heure ; j’ai cherché la meilleure stratégie possible pour leur faire face, je leur aie causé autant de pertes que j’en ai reçu mais pour eux, l’impact était divisé par 5… Je me suis attelé immédiatement à la reconstruction et…
Le 08/04/09 : 4 assauts de 2 légions complètes… Je reforme…
Le 12/04/09 : 33 assauts de légions complètes en 5h, dont 22 dans la même demi-heure… Autant de pertes pour eux, sinon plus, mais impact divisé par 7… Je reconstruis et reforme…
Les stratégies sont quasi nulles dans ces conditions, mais à chaque fois je suis présente et je cherche comment optimiser les dégâts.
Et là, je me fais accuser de multicompte : pire, je serai un multi d’Alkrin ! Je n’existe pas ! 4 ans que je joue à Zord, plus d’un an avant lui et c’est moi qui n’existe pas !
Là j’ai mis un genou à terre…
J’y ai aussi mis le deuxième quand, entre deux nouvelles vagues du même genre (alors qu’ils savaient que beaucoup de mon alliance avaient rebooté et/ou étaient en examen), il y eut des échanges de mp plus discourtois et faux les uns que les autres… Ce n’était pas la première fois mais ce sera la dernière :
L’âme guerrière d’Oxana Essdrill n’est plus !
ShrillDra'Eyl Rilyn veillera sur ses reliques…
(malgré tout, mes deux premières années furent mémorables, j’y ai osé des choses, j’y ai connu des gens et il va me falloir une période de sevrage avant de pouvoir revenir et les faire disparaître définitivement)

.oOo.
Rien… Rien si ce n’est une douleur lancinante qui lui vrille les tempes depuis qu’elle a ouvert les yeux. Devant elle, une forêt luxuriante s’étalant jusqu’à la limite de la portée de son regard ; derrière elle, un grand pan de mur comme sortant de terre et pratiquement masqué par la végétation, quelques semblants de gravures à peine visible, comme effacés par les siècles ; autour d’elle, personne…
Machinalement, elle prend appui sur ses mains pour se redresser : le contact de sa peau d’ébène contre la texture soyeuse de la mousse lui procure un frisson désagréable dans l’échine. Cet endroit n’est pas pour elle. Sans perdre davantage de temps, elle part à la recherche d’un lieu qui lui sera plus familier.
Chemin faisant et ne croisant nulle autre âme évoluée, elle laisse vagabonder son esprit… Aucune image de son passé ne lui revient, seuls des sons durs et des cris de rage acceptent de se dévoiler dans son esprit. Son nom se refuse toujours à elle…
Tout au long de son voyage, elle prend conscience de ses origines et des caractéristiques qui sont propres à sa race : voyager de nuit lui est plus agréable, les subtilités de sa langue lui reviennent… Depuis son «réveil», elle a croisé d’autres races et quelques brides de souvenirs ont refait surface : la guerre avait été son lot quotidien, le bruit des armes s’entrechoquant la faisait vibrer de joie tout en lui serrant le cœur…
Les autres êtres vivants qu’elle finit par croiser, de loin, sont occupés à la construction de village réunissant autour d’eux leurs semblables. Même désarmés, ils sont suffisamment nombreux pour ne pas la craindre et ils ne lui prêtent aucune attention particulière. La jeune Drow arrête donc de faire des détours : ce monde semble récemment vierge de toute civilisation et toute cette agitation n’est pour l’instant que constructive. Il lui faut, elle aussi, trouver un lieu stratégique et se développer rapidement : cette paix tacite ne va pas durer.
Deux nuits plus tard, alors que quelques rayons de la lune traversent les branches du petit bois qu’elle parcourt, son regard est attiré par un éclat brillant au sein d’une obscurité la plus complète : sa vision lui permet de distinguer une forme particulière. Pour la première fois, une image lui revient en mémoire : celle d’un Garagoth peinte sur une fresque murale… Mais cela n’est qu’un mythe que les plus chevronnés de sa race avaient cherché en vain, du moins, jusqu’à ce jour.
Le cœur palpitant d’excitation, elle s’approche précautionneusement. C’est un jeune qui malgré sa petite taille lui lance un regard ne portant aucune ombre de peur. Il va même jusqu'à la mordre profondément lorsqu’elle essaie de le saisir par la peau du cou. Les yeux brillants et le sourire au coin des lèvres, la drow comprend qu’il a faim… Il se déplace latéralement, sans jamais reculer, en oscillant dangereusement. C’est alors qu’elle aperçoit une de ses pattes arrière traîner au sol…
.oOo.
Shâlînah attend que sa maîtresse l’invite à entrer pour lui apporter une missive fraîchement arrivée puis repart tout aussi discrètement. ShrillDra'Eyl observe attentivement le sceau avant de décacheter : il ne lui rappelle aucun seigneur de sa connaissance et la lecture des quelques lignes savamment calligraphiées la laisse perplexe…
Respect à toi sœur drow,
Un conteur est venu me narrer l'histoire de ton arrivée dans ce monde. Il la tenait lui-même d'un vieux barde qui voyageait à travers le monde à la recherche de mystérieuses histoires. Le conteur n'a pas su me narrer la suite de votre périple et il me tarde de rencontrer un jour quelqu'un pouvant finir ce récit ou pourquoi pas avoir l'honneur de vous rencontrer pour l'entendre de votre bouche.
En attendant cette rencontre...
Dorzud Zakn'atar - Prince de l'ombre
Son arrivée en ce monde s’était fait comme tant d’autres : une migration massive par la voie des mers vers un pays en friche où tous les espoirs étaient permis. Elle avait commencé à développer son nid dans les terres de Kalmir.
Malheureusement elle n’avait put endiguer les vagues d’agressions successives de ses pairs. Ses derniers esclaves gobelins déchiquetés par un ultime assaut d’arachnides guerrières, elle avait été laissée pour morte sur les ruines encore fumantes de ce qui fut son domaine.
Elle n’avait dû sa survie qu’à celle qui allait devenir sa matrone. Cette dernière parcourait les terres zordaniennes à la recherche de guerriers afin de renforcer la protection de son nid le temps que sa citée noire soit érigée. Tout était à construire, même la hiérarchie : la ténacité de ShrillDra'Eyl lui avait permis de se hisser rapidement aux côtés de la matrone, qui aussi surprenant soit-il, n’avait pas essayé de se protéger de cette ascension fulgurante… Au contraire, elle lui avait dévoilé les secrets de Kel Alean…
La jeune Drow secoue la tête afin d’échapper aux tristes pensées qui affluent. Ce seigneur doit sûrement faire référence à son ancienne matrone. Peut-être connaît-il des choses sur le passé de la défunte…
Menzothaar étant relativement proche, ShrillDra'Eyl prend rapidement quelques affaires et après quelques hésitations, elle s’équipe de sa dague d’apparat.
Laissant le soin à Shâlînah de gérer l’intendance du nid, la jeune matrone chevauche Wrrg’t, le meilleur de ses worgs. Et c’est accompagnée par deux de ses combattants qu’elle s’élance vers la cité voisine. La nuit profonde s’installe à peine lorsqu’elle arrive en vue de Menzothaar et qu’une corne sonne, alertant toute la cité.
Des rugissements résonnent comme sortant des entrailles de la terre. ShrillDra'Eyl y reconnaît le vacarme d’une importante légion de garaghots, sûrement accompagnés de leurs chevaucheurs. Sa vue perçante confirme son ouïe : plus d’une trentaine de ces bêtes magnifiques se mouvent devant les portes de la petite cité. La Drow est un peu perplexe devant cet accueil démesuré quand elle se rappelle soudain que, dans sa précipitation à découvrir le passé de sa matrone, elle a oublié d’envoyer une missive prévenant de son arrivée.
- Guerriers de Menzothaar, je viens en ces terres sans but belliqueux…
- Prouvez-le en déposant vos armes ! s’écrie un des combattants de la cité.
Par ces temps de fourberies, elle ne s’offusque pas de la demande, mais tout en se délestant, elle garde un œil sur les garaghots et leurs chevaucheurs ; il ne manquerait plus qu’elle soit tombée dans un piège !
C’est désarmée qu’elle est présentée au seigneur Dorzud Zakn'atar. Le combattant qui lui avait demandé ses armes s’avance d’un pas vers le Prince de l’Ombre :
- Seigneur, ces trois Drows étaient très bien armés et rien n’indique qu’ils n'étaient pas venus nous attaquer.
- Ainsi donc vous êtes venu semer la mort ? crache-t-il en s’adressant à la Drow qui semblait être la chef du trio.
- Non seigneur nous ne…, commence ShrillDra'Eyl, décontenancée par l’attitude presque hystérique de son hôte.
- Silence
hurle-t-il. Garde ton venin, j’ai déjà bien trop été dupé pour croire les paroles d’une Drow. Tu as voulu notre mort ? Et bien c’est par ta propre arme que ton sang sera versé ! Qu’on me l’amène ! ordonne-t-il.
La matrone retient un instinctif pas de recul. Il lui faut réfléchir rapidement à l’attitude à tenir face à ce Drow qui semble perdre la raison. Un serviteur s’empresse d’apporter une splendide dague ornée de joyaux sur un tissu aux couleurs de la maison Zakn’atar. Dorzud regarde l’arme puis hurle au serviteur :
- Pas la mienne incapable ! Celle de cette Drow !
- Mais… seigneur… la vôtre est accrochée à votre ceinturon… cette dague est bien celle de la Drow…
Dorzud reste un instant le regard figé sur la dague. Sa main se saisit de l’arme et, avec une rapidité sans égale, il glisse la pointe de la lame sous la gorge de la Drow. Son regard injecté de sang et de larmes refoulées est rempli de haine et de tristesse. D’une voix tremblante il demande :
- Que viens-tu faire ici, quel est ton nom, et surtout… d’où tiens-tu cette arme ? Ne mens pas car tes réponses te coûteraient sans doute la vie…
ShrillDra'Eyl sent la fine pointe glaciale de son arme sur sa peau d’ébène. Ne pouvant prononcer la moindre parole au risque de se faire percer la gorge, et sans quitter Dorzud du regard, elle tend lentement sa main à hauteur du visage du Drow, montrant ainsi la missive qu’il lui avait envoyée… Ses yeux se troublent en même temps que celui-ci recule et abaisse légèrement la dague.
- Je suis ShrillDra'Eyl Rilyn, nouvelle matrone de Kel Alean depuis plus d’une lune, annonce-t-elle d’une voie claire et posée, le regard toujours rivé sur celui de son hôte. Je suis venue ici afin d’en savoir plus sur celle qui détenait cette dague… Elle regarde un bref instant son arme. Elle appartenait à mon ancienne matrone. Elle ne s’est jamais souvenu de son nom et n’a jamais voulu en adopter un autre…
La jeune Drow raconte alors de sa rencontre avec la guerrière jusqu’au jour fatidique :
- Les seuls souvenirs de son passé la terrassaient chaque nuit d’avantage : ce n’était que cris de rage et de haine, le choc des armes, même l’odeur du sang imprégnait ses rêves… Si au début cela exacerbait ses sens de guerrière, ça a fini par la plonger dans un état de dégoût de la guerre. Le temps s’écoulait sans qu’elle puisse y trouver un instant de repos.
Le regard de ShrillDra'Eyl se voile alors qu’elle raconte la suite, sans tenir compte de son oratoire :
- Un soir elle me convoqua à la guilde des lames. Nombres de nobles et de guerriers prestigieux étaient présents. Elle m’attendait au centre de l’aire d’entraînement avec cette dague à la main et une supplémentaire dans l’autre, qu’elle me lança sans un mot : elle me défiait dans un combat à mort ! Ses coups étaient rapides, nets et précis… mais s’ils me faisaient abondamment saigner, ils ne touchaient aucun organe vital, ils n’étaient que superficiels… Elle me provoquait, me poussait à réagir, à ne plus réfléchir mais à me laisser guider par mes sens, mon instinct. Ma rage guerrière prit le dessus, amplifiée par les cris gutturaux des spectateurs. Nos lames se croisèrent toute la nuit… L’aube commençait à poindre lorsqu’elle fit ce que je pris pour une erreur : elle s’était mise face à l’astre qui se levait et fut aveuglée par son rayonnement. C’est à cet instant que j’enfonça ma dague dans son cœur…
Le ton de sa voix n’a pas changé, mais une larme coule discrètement sur chaque joue et son regard se fige dans le lointain…
- … son visage n’était pas crispé par la douleur ou la rage de la défaite… non… elle était sereine… Elle s’effondra lentement sur ses genoux… moi avec, ma main encore sur mon arme. Lorsque je voulus la retirer, elle attrapa ma main et y mit sa dague.
ShrillDra'Eyl reporte son regard sur Dorzud, le menton fièrement relevé :
- Elle avait manigancé tout cela dans le but de couper court aux intrigues quant à sa succession, m’imposant ainsi devant toutes les castes.
Dorzud semble plongé dans ses souvenirs... Mais il se ressaisit rapidement :
- Libérez ces Drows et traitez-les dorénavant comme nos hôtes.
Il tend la dague à ShrillDra'Eyl qui s’en saisit avec respect.
- Ainsi donc elle a survécu… lâche pensivement Dorzud.
Le changement radical du comportement du Drow la laisse perplexe :
- Que voulez vous dire par-là ?
- Venez chère sœur je vais vous narrer notre histoire devant un bon repas.
Les deux Drows se dirigent vers une salle à l’écart des autres et s’installent devant un repas succinct mais savamment apprêté. Malgré le fumet très alléchant à cette heure tardive, aucun d’eux ne mangent… Dorzud recule son fauteuil avant d’étendre ses jambes sans gêner ShrillDra’Eyl, se laisse aller contre le dossier…
- Cette histoire commence il y a bien des décennies peut-être des siècles. J’étais alors jeune guerrier faisant mes preuves dans l’ancien monde.
Un jour, un conflit éclatât entre mes compagnons défenseurs de la liberté et un groupe qui suivait les préceptes d’un dieu du nom de Garagos. La guerre fut sans merci mais alors que mes compagnons et moi prenions l’avantage, un grand respect naquît envers nos adversaires qui peu à peu devinrent des alliés puis des amis.
Ce monde était sans pitié et beaucoup de mes compagnons périrent sous les coups fourbes de La Mort. Errant, je fut accueillis par mes anciens ennemis de Garagos qui me traitèrent avec respect. Je ne me convertis jamais aux préceptes de leur dieu mais les liens de l’amitié étaient plus forts et je suis resté en leur sein.
Nous étions douze et ensemble nous avions progressé pour atteindre l’élite des guerriers de ce monde. Nous enchaînions les guerres et les grandes victoires et rien ne pouvait nous arrêter.
- Matrone faisait donc partie de ce groupe ?
- Oui… Ta matrone se nommait Oxana Essdrill et c’était une des plus grandes guerrières que le monde n’ait jamais connue. Mais pour illustrer mes propos, laisse moi te raconter l’histoire de la dague qu’elle t’a confiée. Notre réputation commençait à grandir par delà le monde mais beaucoup ne nous estimaient pas à notre juste valeur, étouffée par d’autres groupes beaucoup plus… démonstratifs. Nous combattions sans relâche jusqu’au jour où un barde vint nous avertir qu’un tournoi regroupant les deux meilleurs guerriers des meilleures alliances aurait lieu. Le combat promettait d’être rude mais l’occasion était enfin venue d’inscrire notre nom dans l’histoire.
C’est ainsi que ta matrone et moi-même envoyâmes une missive pour avertir de notre présence dans ce tournoi. Tout le monde donnait une autre alliance gagnante, une alliance qui faisait régner la terreur dans ce monde et que tout le monde pensait invincible. Malgré les pronostiques, nos victoires se succédaient et nous nous retrouvâmes en finale contre les deux guerriers les plus craints de l’ancien monde. Nous tenions enfin la chance de laisser nos noms à la postérité. Vaincre ces guerriers, c’était atteindre le sommet et nous étions prêts à tout. Le combat fut rude… beaucoup de nos guerriers périrent dans ce tournoi. Mais grâce au soutien des autres membres de l’alliance et aux nuits à parler stratégie, nous fîmes ce que tout le monde pensait impossible, nous gagnâmes, ta matrone et moi, guerriers parmi les guerriers, grands parmi les grands.
Les dieux reconnurent notre victoire en nous offrant deux dagues forgées par leurs artisans : celle que je possède et celle que Oxana t’a léguée. Depuis ce jour, tous nous respectaient enfin à notre vrai valeur.
- Et ensuite ? Comment en êtes-vous arrivés à vous séparer ?
- Peu de temps après cette reconnaissance suprême, le monde a commencé à dépérir, les guerres sont devenues chaotiques. Pendant cette apocalypse, une grande offensive des guerriers de la mort nous ont contraint à nous séparer pour défendre plusieurs fronts. Mais sans espoir de victoire car tout était rasé derrière les démons. Mon armée entière de plusieurs centaines de valeureux guerriers à été décimée et pour survivre j’ai dû me réfugier dans les profondeurs d’Ombre-Terre.
Après plusieurs mois d’errance, j’ai trouvé un passage qui m’a mené vers ce continent complètement vierge de vie. Les armées de la mort n’avaient pas trouvé ce lieu et déjà, par les mers et les monts, des rescapés arrivaient de plus en plus nombreux. J’ai longtemps souhaité retrouver mes anciens alliés mais aucun ne donnait signe de vie. Un jour, j’en ai enfin retrouvé quelques-uns qui avaient survécus et nous nous sommes à nouveau rassemblé. Mais après plusieurs mois, aucun signe d’Oxana. C’est pour la retrouver que j’ai commencé à écouter tous les bardes et les conteurs de ce monde dans l’espoir d’apprendre quelques chose qui pourrait nous conduire à elle… En vain ! Jusqu'à ta venue… et l’annonce de sa mort.
.oOo.
Les légions vertes des Vorvolakas étaient rasées les unes après les autres. Les Héritiers, en sous-nombre, devaient leurs réussites à leurs fins stratèges.
Suite à l’intrusion de quelques mercenaires, le seigneur Alkrin et la matrone Shrill furent handicapés face à une nouvelle riposte de leurs ennemis. Qu’importe, ils étaient toujours en vie et ils se reconstruisaient avec encore plus d’acharnement.
Continuant malgré cela à perdre leurs légions, les verts virèrent au rouge : après quelques nuits d’inactivité apparente, ils mirent en place la seule stratégie qu’ils ne pouvaient rater…
Une nuit, Mhîstî'grhyn informa Shrill que de nombreuses légions encerclaient Kel Alean, jaugeant à plus de 2 000 guerriers en attente. Après une première escarmouche de Kristert le Parjure et Grakoss, ainsi que l’interception d’espions de Karg Axeripper et Gilursg do Gulperalkg, la boucherie commença : les légions de Gilursg do Gulperalkg, Karg Axeripper et Grakoss lancèrent l’assaut conjointement. Les 150 guerriers d’Alean Kel emportèrent dans la tombe le double de leur nombre en chair verte. A quoi bon, il y en avait toujours cinq fois plus. Ils semblaient possédés, se moquant de servir de chair à canon, ils se piétinaient tellement ils étaient nombreux autour de l’entrée de la cité : une véritable marée verte déferlait sur les remparts. Alean Kel réussit tout de même à refouler sept nouvelles attaques. La fatigue s’accumulait dans les membres des défenseurs alors qu’une légion fraîche de Kristert se joignait aux autres à peine diminuées d’une trentaine d’âmes lorsque les premiers coups contre la roche protectrice furent assénés révélant la faiblesse d’une galerie. Cette dernière s’effondra, bloquant Shâlînah qui devait se placer à l’intérieur des remparts afin d’endiguer le déferlement. Huit autres assauts suivirent. Les arachnides ne réussir à dégager un passage que pour constater le retrait des troupes ennemies alors que la forteresse tenait toujours. Grossière erreur, car Shrill ne prit pas le temps d’analyser les pertes qu’elle relança les formations de ses soldats à un rythme infernal.
Bien lui en pris car à peine 3 jours plus tard, deux légions fraîches de Mosk'ulduhr l'ancien assiégèrent à nouveau Kel Alean. Shâlînah joua son rôle malgré la fatigue cumulée.
Sentant que cela n’allait pas s’arrêter là, Shrill maintint la cadence des formations. Quatre jours plus tard, elle venait tout juste de composer une légion acceptable que les étendards de sept ennemis se profilaient à l’horizon. La forteresse n’ayant pas été renforcée après la dernière bataille, la matrone chercha à en colmater les brèches en scindant sa légion en trois sous-légions. Face au nombre d’assauts possible de la part de ses ennemis, elle ne pensa qu’à essayer de les fatiguer au mieux afin de préserver sa forteresse, source de convoqués, synonyme de retour rapide dans la bataille.
La traditionnelle valse des espions devança les habituelles escarmouches avant le combat factice. Les faibles légions de T’tar, Mhîstî'grhyn et Alean Kel, si elles ne firent beaucoup de pertes chez les orcs de Karg Axeripper, Grakoss, Karg Axeripper et les drows dénaturés de Guismo, elles permirent de repousser une douzaine d’attaques. La dernière était à l’image de ce que Shrill ne pouvait se résoudre à appeler combat : le Garagoth de T’tar se retrouvant seul, entouré de près de 450 marionnettes vertes qui se bousculaient, écume aux lèvres et leur sentiment de puissance se reflétant dans leurs pupilles porcines.
C’était une boucherie, cela ne pouvait être du combat où même la ruse et la perfidie, réprouvées par la plupart des humains et l’ensemble des nains, trouvaient leur place aux yeux des Drows. Aucune utilisation de leurs cerveaux, pas la moindre finesse d’esprit aucun charme dans ses joutes meurtrières. Ces Vorvolakas devaient être décérébrés et drogués pour pouvoir retirer quelconque plaisir et fierté de leurs agissements dignes des plus pleutres. Leur sensation de toute puissance n’était qu’illusion, ils ne généraient aucune peur mais du dégoût. Treize assauts supplémentaires menés par Grakoss,Karg Axeripper, Kristert et Ourg'Krag finirent par avoir raison de la forteresse de la cité drow et de ses 4 avant-postes. Plusieurs demeures et maisons de chasses furent détruites. Il n’y avait qu’un seul but à cette orgie : rayer Kel Alean de la carte !
Le sang de la matrone bouillait. Elle savait qu’elle ne pouvait les vaincre seule. Malheureusement les rumeurs concernant ses alliés étaient de mauvaise augure : la cité du seigneur Aldag ne serait plus qu’un village incendié, les troupes du Champion de l’Aréhèrie se seraient retiré dans les profondeurs de Delfingrod et les légions du Prince de l’Ombre et d’Estrellae ne seraient guère plus valable que ce qui lui restait.
Elle en était là de ses pensés que Shâlînah essuya une nouvelle salve de quatre attaques par un paria, le drow Frenkhor Bolg'Kärzz. Apparemment, il ne s’était pas attendu à ce que ses congénères dégénérés aient pu quitter les lieux en laissant des survivants. Malgré l’absence de bâtiments défensifs, les Drows défendirent Kel Alean avec rage, laissant repartir l’ennemi dérouté. Shrill hésita à réduire ce traître à néant, mais trois légions orcs étaient encore visibles au abord de ce qui restait de sa cité. La journée n’était pas finie… La légion de Biloute était lourde et avançait lentement. Shrill se prépara au combat, la rage de vaincre malgré tout bouillait dans ses veines, le dégoût de cette puanteur verte se transformant progressivement en une haine ancestrale. Jamais elle ne se déclarera vaincu par une telle vermine, quoi qu’il lui en coûte !
Les survivants de la légion de Shâlînah prirent position face aux nouveaux orcs qui abandonnèrent au bout du cinquième assaut. Seule une poignée de Démons et près d'une trentaine de prêtresses avait survécus aux 35 vagues destructrices.
Les ombres s'étiraient sur ce qu'il restait du village de Kel Alean...
Poings serrés, debout sur un monticule de rochers qui avait été sa forteresse, ShrillDra'Eyl Rilyn, hurla en elle-même :
Dieux de la guerre, quelque soit ton nom pour les Orcs, comment peux-tu trouver leurs combats glorieux.
J'ai accusé 33 assauts en une seule période, dont 24 dans la même demi-heure, et ce, 7 nuits à peine après une marée similaire de 22 assauts.
Mon sang bout, je sens l'appel de Mintae et je perds goût du combat digne de ce nom.
Eclaire mon jugement : suis-je devenue aussi pleutre que cette boue verte et je mérite ton courroux ou mon combat n'est pas vain et ces verts méritent ton courroux ?
Le jour se levait, il lui fallait rentrer soigner ses plaies et se préparer à affronter les couards qui allaient profiter de sa chute...
Deux jours après la destruction de la forteresse de Kel Alean, une nouvelle citée fortifiée s'érigeait à nouveau. Elle montrait à tout Zordania qu'elle était à nouveau dans le combat et que sa matrone ne s'avouait pas vaincue.
Shrill avait eu le temps de ruminer tout en participant activement à la reconstruction de ses bâtiments. Ce n'était pas aux Dieux de s'abaisser à frapper ces pleutres, mais aux Zordaniens !