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Blason

Torgon

En la cité de cendre , réside Joueur Torgon.
Les 261 humains habitant cette cité aiment vivre dans le luxe et profitent de leur courte vie.
Pour atteindre leur cité à la position 116 * 256, nous devrons parcourir la distance suivante : 0. Celle-ci se situe sur Les Marches D'Anos Galad.
Ce seigneur fait partie des Les Gardes de la Couronne d'Opale.
Selon le dernier recensement, il possède 32144 points au classement des héros.
Dans le majestueux livre des grandes archives de Zordania, à Egéria, il prend la place 451 .
Celui-ci grâce à ses actions a reçu les récompenses suivantes : 1 Bâtisseur 1 Scribe


Hors Ligne

Village : cendre
Groupe : Joueur Joueur
Etat : ZzZzZ
Race : Humains
Langue : fr_FR
Décalage : 00:00:00 H
Points : 32144
Force armée : 6418
Population : 261
Position : 116x256
Région : Les Marches D'Anos Galad
Distance : 0
Alliance: Les Gardes de la Couronne d'Opale
Messages sur le forum - Plus d'informations sur les archives
Modère peu, mais dispo pour toutes corrections ou commentaires de rp (ou guide pour démarrer) (me mp sans hésiter ;) )
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Récompenses

1 Bâtisseur 1 Scribe

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Pseudo Race Alliance Population Points Actions

Description:

Torgon aurait peut être pu devenir quelqu’un d’autre. Mais il aurait fallu qu’il ne naisse ailleurs, à une autre époque et avec d’autres parents.

Son père n’était pas originaire de la région. A l’origine, Filkan ce n’était qu’un chef de guerre, le maître d’une troupe de mercenaire. Ils avaient été engagés pour défendre la ville de Cendre contre de fréquentes incursions orcs. Ce n’était pas le nom originel de la ville, mais soixante ans auparavant, lors de la grande guerre, elle avait été conquise par un seigneur drow. Lorsque les habitants survivants l’implorèrent de leurs laisser de quoi vivre, il répondit : « Je vous ai laissé les cendres, voyez comme je suis généreux. ». Ils étaient donc les possesseurs des cendres, et l’habitude fut prise de nommer la ville ainsi, pour ne jamais oublié les cicatrices du passé.
Le contrat de Filkan fut renouvelé d’années en années. Tant et si bien que quinze plus tard, les soldats étaient toujours la pour défendre la ville. Ils y avaient tous une vie, la plupart y possédaient une maison ou des terres, certains s’étaient mariés et avaient des enfants. Les habitants n’avaient pas oublié leur bravoure, et avait fini par accepter ces étrangers comme des frères longtemps perdus.
Traditionnellement, la cité était dirigée par un conseil élu, qui élisait ensuite un commandeur. C’était lui qui était chargé des questions militaires et de la diplomatie. Après quelques années, le poste était donc naturellement revenu à Filkan, qui possédait déjà de fait ces pouvoirs. Il était donc devenu un notable, un homme dont on recherchait les faveurs.
L’une des maisons nobles de la ville décida de s’attacher les faveurs de cet homme prometteur. C’est pourquoi fut arrangé un mariage entre lui et la cadette de cette maison. Jamais ce en fut réellement un mariage heureux. Durant les premières années, Antéa donna naissance à un fils, Yaald. Filkan était aux anges d’avoir enfin un héritier. Dès son plus jeune age, l’enfant fut confié à tout un tas de précepteurs, censé lui donné une éducation complète.
Antéa reprochait continuellement à son mari de ne pas pouvoir élever son fils comme elle le désirait. Mais c’était bien la dernière chose que voulait Firkan. La famille d’Antéa était particulièrement pieuse. Et dans la région, cela signifiait vouer un culte exclusif et sans borne au Répurgateur. Filkan voulait que son héritier n’ait pas les idées embrumées par la religion. Il voulait qu’il soit capable de faire les meilleurs choix pour Higara. C’était un garçon brillant, il voulait le voir un jour le remplacer au conseil, même devenir commandeur si possible.
Il eut ensuite une fille, Minlys, qui fut élevée dans tout le luxe possible, recevant l’éducation d’une femme du monde. La encore, Filkan fit tout pour limiter l’influence de sa femme. Il était désormais en conflit permanent avec elle, aucun des deux époux ne faisant d’effort pour préserver un semblant d’unité.
Filkan ne pouvait plus supporter le tempérament de sa femme. Avec le temps, elle était devenue froide, caractériel et rigide. Il préférait donc s’enterrer sous le travail, passant tous son temps avec ses enfants, dans les casernes, le Conseil et les ambassades, ou en voyage.
Quelques années plus tard, il eut besoin du soutien de sa femme pour convaincre des membres de sa belle-famille de ratifiée une loi très controversées, modifiant profondément la taxation dans la ville, afin que les impôts soient plus équitables. Elle n’accepta qu’à conditions de pouvoir élever à sa guise son prochain enfant. Pensant qu’elle était devenue trop vieille pour avoir tombée enceinte, il accepta.

Beaucoup furent surpris, Filkan le premier, lorsqu’elle annonça porter un nouvel enfant. On raconta qu’elle utilisa des magies secrètes, et des potions étranges, mais jamais aucune preuve ne fut apportée à ce sujet. Toujours est il que Torgon naquit de parents désunis. Contraint par sa promesse, Filkan laissa Torgon aux soins de sa femme. Celle-ci lui prodigua une éducation d’une discipline presque militaire, et elle veilla à ce qu’il reçoive également une éducation religieuse complète.
Son précepteur dans le domaine était le père Mokt. Pour lui, une éducation complète signifiait ne parler des dieux et de la foi que du point de vue des fidèles du Répurgateur. Les autres croyances n’étaient que tolérées ou des repoussoirs. Torgon appris donc très tôt à se méfier des autres peuples et races.
Un jour, il demanda au père Mokt pourquoi le Répurgateur ne régnait pas sur toute choses, et pourquoi il existait d’autres races. Il lui répondit que d’autres forces étaient nées en même temps que le Répurgateur, et qu’elles étaient au mieux lâches ou égarées, au pire maléfique et néfaste. Palar était destiné à régner sur toute chose, et à ramener ceux pour qui cela était possible dans la vraie croyance. Mais cela ne serait possible que si ses fidèles sacrifiaient tout pour lui, et combattait autant par l’esprit que par l’épée et le feu.

Torgon devint donc logiquement très pieux, et se destinait à devenir paladin de Palar. Il était solide est plutôt grand pour son age. Bien plus jeune que son grand frère, il ne s’entendait pas bien avec lui. Son éducation était également sévère, mais Yaald avait beaucoup de compagnons de jeu de son age, et bien plus de temps libre que son frère. Et il avait le droit d’aller voir son père dans son bureau ; ils partaient à la chasse ensemble ; ils s’entraînaient à l’épée. Jamais le père de Torgon ne venait le voir plus de quelques heures ; ils n’étaient jamais seuls tous les deux ; et Torgon apprenait les armes avec le vieux maître d’arme, irascible et cruel.
Torgon finit par laisser éclater sa jalousie devant sa mère, trouvant injuste que son aîné soit plus libre et insouciant que lui. Ce à quoi Antée répondit d’une gifle. Elle lui expliqua ensuite qu’il deviendrait fort, autant de corps que d’esprit, alors que son frère n’aurait jamais ses qualités et sa valeur. Mais que pour devenir supérieur, il fallait être strict et rigoureux, et savoir faire des sacrifices.

Par la suite, Torgon étudiât mieux son frère. Et il se rendit compte qu’il était lâche et timoré. Et qu’il côtoyait toute sorte de gens, des étrangers venus rencontrer son père, et même des créatures non humaines. Si au moins elles avaient servies Palar, elles auraient expié la nature de leur sang. Mais au contraire, elle méprisait le Grand Dieu, et lui préférait les dieux barbares. L’idée de fréquenter de tels êtres répugnait Torgon.

La seule personne que Torgon aimait réellement était sa sœur. Elle était douce et gentil. Avec elle, il pouvait confier ses craintes et ses doutes. Elle avait quelques années de plus que lui, et aimait quand Torgon lui demandait de l’aide, car cela la valorisait.
Mynlis était parfois effrayé de voir à quel point la foi de Torgon en l’église de Palar était aveugle. Mais elle se rassurait en se disant que c’était un garçon généreux, et qu’il ne deviendrait jamais comme les inquiétants prêtres du dieu ardent.
Parfois, Torgon la trouvait un peu frivole. Elle s’intéressait beaucoup à la mode de la cour, aux bijoux, aux jolies fleurs et aux poupées, et très peu à la religion, le métier des armes ou la politique. Mais c’était justement ce que Torgon aimait chez elle. Lorsqu’il voyait sa sœur, il pouvait oublier ses soucis et ses responsabilités.
Au début, Antéa avait pensée à éloigner Mynlis de son fils, mais elle se rendit compte que Torgon était bien plus docile lorsqu’il voyait sa sœur. Elle laissa donc la jeune fille rendre visite à son frère, mais surveillait toujours leurs entretiens, veillant à ce que Mynlis de détourne pas le jeune garçon de la Juste Voie.


Lorsqu’il entra dans l’armée, à 14 ans, Torgon voulait intégrer un régiment de fidèle de Palar. Mais il fut incorporer à la 5ième légion, une troupe tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Par son ascendance, il fut nommé directement sergent. Mais il avait parfois le plus grand mal à se sentir bien parmi ses hommes et le reste de la troupe. Jamais il n’avait été entouré par autant d’incroyant. Pour couronner le tout, sa mère lui avait clairement signifié dans un message cacheté qu’il ne devait pas exprimer ses opinions religieuses, afin de s’intégrer à la troupe.
Dès sa première permission, il alla la questionner sur cette situation ridicule.


- Pourquoi dois-je côtoyer tous ces hommes ordinaires. Il y a des autels pour presque tous les dieux dans la caserne ! Et ils sont tellement rustres !
- Ce sont pourtant ces hommes là qui défendent notre cité. Nous ne pourrions pas résister aux barbares si nous devions compter sur les seuls chevaliers de l’église.
- Mais pourquoi suis-je parmi eux ? J’aurais très bien pu être affecté à la 11ième légion.
- Tu as été élevé dans l’isolement. Il est temps que tu découvres qui sont réellement les gens du commun. Un jour, tu sera peut être général, ou commandeur. Tu commanderas aux paladins, mais aussi aux hommes moindres. Il faut que tu saches comment leur donner de l’espoir et de l’ardeur. Et pour ça, il faut que tu les comprennes un minimum.
- Ca me semble impossible. Je n’arrive pas à me mêler à eux.
- Tu le devras pourtant. Ainsi, tu pourras ensuite faire en sorte qu’ils servent les desseins de Palar, même s’ils ne le réalisent pas. Maintenant, vas-t-en, retourne à la caserne. Un homme ne doit pas retourner dans les jupes de sa mère dès qu’il en à l’occasion, et un soldat moins qu’un autre.

Et Torgon, honteux, retourna parmi les soldats, et appris à faire comme si il trouvait normal de voir des sacrifices offerts à Malianor ou Tralia. Au cours d’une cérémonie collective, il rendit même hommage à Traros, bien que priant uniquement Palar au fond de son âme. Il espérait que cette hypocrisie n’attirerait pas le courroux du Grand Dieu. Heureusement, il pouvait allé se confesser régulièrement auprès du père Mokt, qu’il lui affirmait que son âme était pure de toute souillure.

Torgon découvrit durant ses années dans la 5ième une nouvelle manière d’œuvrer pour Palar. Il réussit à convertir certains de ses camarades, qui vénéraient auparavant Traros. En effet, Palar regardait l’âme des hommes et non leurs actes. Un soldat qui avait connu une défaite ne risquait donc pas d’être abandonner par son protecteur ; à condition bien sur de toujours désirer se battre pour l’ordre, sa patrie et son dieu. Désormais, ils allaient à plusieurs en confessions, et Torgon avait des camardes avec qui il pouvait être relativement sincère.
Cependant, le père Mokt l’avait prévenu. Il ne s’ouvrait pas de toutes ses opinions. Ils ne s’étaient convertis que récemment, ils pourraient être effrayé par la détermination d’un vrai croyant. D’ici quelques années, peut être. Mais d’ici là, il taisait certaines de ses pensées. Cette retenue ne l’empêcha pas de se faire des véritables amis, pour la première fois de sa vie. Et en premier lieu, venait Boörs, le seul des convertis à pouvoir rivaliser avec lui à l’entrainement.


Pendant ce temps, son aîné était devenu capitaine de la 7ième, et serait sans doute bientôt promu colonel. Il siégeait aussi à la commission sur les affaires économiques, qui fournissait le conseil en rapport et votait sur les questions relevant de ce domaine. Bref, son père faisait tout pour le préparer à devenir un membre important du conseil et de l’état major, avec le status de commandeur pour but final.
Mynlis elle, avait été introduite à la cour, où elle se sentait parfaitement à son aise. Elle voyait désormais moins régulièrement son cadet. Celui-ci le regrettait mais, il devait bien admettre qu’il n’avait plus assez de temps pour leurs discussions frivoles et enfantines. Depuis qu’il avait quitté l’académie militaire, il commandait son propre contingent et était fréquemment en manœuvre. De plus, il passait une bonne partie de son temps libre et de ses permissions avec des paladins de la 11ième. Ceux-ci s’occupaient désormais de son instruction militaire, complétant sa formation, lui apprenant les techniques de cavalerie lourde, et la stratégie militaire à grande échelle.
C’était Antéa qui avait insisté pour qu’il ait les compétences d’un général, d’un véritable chef de guerre. Pour certains, c’était une erreur. Ils considéraient que le successeur de Filkan serait son fils ainé, et que Torgon ne devait pas nourrir de faux espoirs. D’autres murmurait que Yaald faisait un piètre militaire, que son sang manquait d’ardeur, qu’il ferait mieux de s’occuper des affaires du conseil et de laisser la guerre aux vrais guerriers. Ils voulaient être dirigé par un soldat, et un croyant, et non par un politicien perpétuellement à la limite de l’hérésie.
Quoiqu’il en soit, le général de la 11ième, et second dans le protocole militaire après le commandeur, surveillait attentivement les progrès de Torgon. Il pensait de plus en plus à lui offrir sa succession, d’autant que sa famille maternelle faisait pression en ce sens.
Il vint lui parler lorsque Torgon fréquentait la 11ième légion depuis un an, jour pour jour.


« Petit j’aimerai te parler, vient me voir dans mes quartier quand tu aurai fini ton entrainement. »

Torgon se dépêcha de finir ses exercice de lutte, mettant à terre plus violement qu’à l’accoutumé ses adversaires. Il entra dans les quartiers du général, le découvrit assis à un table, deux verres de vin remplis sur la table.

« Assied toi, et bois donc un peu de ce vin du sud.
- Merci, mon général. Que puis-je pour vous ?
- Ne soit pas aussi cérémonieux. Je t’ai connu quelques jours après ta naissance, et je connais bien ta mère.
- Bien. Mais vous ne m’aviez jamais manifesté autant d’égard.
- Je voulais d’abord savoir si tu en étais digne. C’est ainsi qu’un vrai servant de Palar doit aborder les autres. Nul ne doit être exempté des épreuves qui forgent l’âme et le corps. Tu t’es comporté admirablement parmi nous, sacrifiant ton temps et ta sueur pour devenir meilleur.
- Je n’ai fait que mon devoir.
- Bien entendu, bien entendu. Je t’ai fait venir ici car je suis en train de songer à l’avenir. Cela fait longtemps maintenant que tu viens parmi les hommes de la 11ième. Envisages-tu de nous rejoindre ?
- C’est la un des mes plus chers désirs. Je souhaite ardemment rejoindre la légion qui est fidèle à Palar avant toute chose.
- Et si je t’affirmai qu’ici, tu ne pourras satisfaire aucune grande ambition. Que mes seconds te dirigerons toute ta vie, que tu ne seras jamais qu’un sous officier mineur.
- Si tel est la volonté de Palar, je m’y soumettrai.
- Manque tu à ce point de caractère, pour ne rien souhaiter que ce que les hommes te réserve ?! N’a tu donc pas assez de courage pour prendre de force le destin qui te revient ?!
- Ce n’est pas ainsi que Palar agit. Si je dois devenir général, sa volonté sera faite.
- Mais en est tu capable ? Un sang tiède mérite-il cet hommage ?
- Mon sang n’est pas tiède, que Palar m’en soit témoin ! Je mérite de grandes choses ! Je suis autant, si ce n’est plus habile que quiconque à l’épée. Et mon cœur est pur, mon esprit aussi aiguisé que ma lame ! Ma destinée s’accomplira ! Pour le moins, je deviendrai général du 11ième, peu importe les embuches que vous dresserez sur mon chemin. »

Torgon hurlait presque, tremblant de rage. De quel droit cet homme lui parlait il ainsi ? Ses accusations injustes et ses menaces l’avait fait sortir de ses gonds. Il n’avait même pas conscience d’avoir révélé son désir secret, devenir commandeur de la cité. Pour lui, devenir général n’était qu’une étape.

« Haaaaa ! Voila ce que je voulais entendre. J’ai craint un instant que mes provocations ne restent vaines. Mais tu as de la volonté et de l’ambition à revendre. Et assez de sagesse pour taire un temps tes états d’âmes. Tout ce que Palar chérit. Je vois que tu es désorienté, c’est normal. Je t’ai provoqué pour savoir si tu méritais ce que j’allais te proposer.
- Que voulez vous de moi, qui nécessite que vous m’insultiez de la sorte ?
- Il viendra un temps où mon corps ne suivra plus mes volontés. Ma vigueur me quitte, et lever le glaive m’est chaque jour plus difficile. Je dois songer à celui qui me succédera. J’ai ici des capitaines compétents, qui pourraient tenir cet office. Mais ils ne seront jamais de grands stratèges. Et ils ne comprennent absolument pas ceux qui ne suivent pas Palar autant qu’il le faudrait.
- Et même vous estimez que je suis plus à même de diriger le 11ième.
- J’estime que tu pourrais le devenir. J’aimerai voir le général du 11ième avoir plus d’influence sur la cité, et sur le conseil. Celui-ci, ainsi que ton père, se méfie de notre église. Ils craignent notre influence sur les âmes, et veulent nous empêcher de faire suivre à cette ville la volonté du Grand Dieu. Par ton ascendance, et grâce au soutien de la famille de ta mère, tu pourrais réussir ce que je tente depuis des années, ramener Cendre dans la Juste Voie.
- Je suis sur que vous ne regretterez pas votre choix.
- Je te rappelle petit, que je n’ai encore rien décidé. Ce n’est pas demain que je quitterai mes fonctions, et je réserve ma décision jusqu’à ce moment.

Torgon foudroya du regard le général, qui répondit par un léger sourire. Avant que l’un des deux ne pu reprendre la parole, la porte de la pièce s’ouvrit brutalement, laissant entrer la Grand Inquisiteur. Un silence glacial envahit le salon.

« J’ignorais que vous receviez un invité. J’ai des questions à vous posez. »

Torgon aurait juré que le général avait légèrement blêmi. Il ne pouvait pas l’en blâmer. Les inquisiteurs le terrifiait depuis sa plus tendre enfance, sombres figures, sujets d’innombrables récits atroces. C’était les serviteurs les plus fidèles de Palar, et il savait qu’il n’était pas encore parvenu à la perfection des saints. Ce qui aux yeux des inquisiteurs était un crime presque impardonnable. Il quitta donc la pièce précipitamment, tout en bredouillant les formules de respect dues aux hommes d’église. En refermant la porte, il risqua un regard qui lui montra l’inquisiteur déploya un parchemin recouvert de symboles étranges.


Peu après, des incursions orcs se firent fréquentes, et il ne fut plus question de nourrir de grandes ambitions pour Torgon. Les légions étaient toujours en mouvements, défendant les marches contre de multiples ennemis, des orcs secondés de drows pour la plupart, mais aussi des brigands et barbares nomades. Par sa bravoure, son talent et ses appuis politique, Torgon gravi rapidement les échelons, devenant lieutenant.
Un jour, la 5ième fut chargé de défendre une colline au nord de la ville, sur laquelle avaient été bâtie des fortifications sommaires. Ils étaient encore en chemin quand ils furent assaillis par l’ennemi, largement plus proche que prévu. Ils repoussèrent le choc avec de lourdes pertes, et durent reculer jusqu’à une véritable place forte pour résister aux renforts ennemis qui se rapprochaient. La bataille fut particulièrement rude, mais l’organisation de la légion permit de défaire un ennemi pourtant largement supérieur en nombre. Les envahisseurs se replièrent donc vers le nord-ouest. Torgon demanda à voir le général, qui accepta de lui accorder quelques minutes.


« Que voulez-vous. J’ai beaucoup à gérer, il faut que je réorganise la légion.
- Je comprends mon général. Mais ne devrait-on nous pas pousser notre avantage ? L’ennemi est démoralisé et en déroute. Si nous le laissons se reprendre et tenir les montagnes, il pourrait devenir impossible de les en déloger.
- La montagne est sauvage, ils ne pourront pas s’y nourrir.
- Navré de vous contredire. Mais je crains que des orcs ne réussissent à s’implanter dans une région comme celle la. Ce ne sont guère que des bêtes, et des cimes boisées sont leur milieu naturel.



- Possible, mais je ne crois pas que les hommes apprécieront de repartir au combat.
- Bien au contraire. Un bon nombre à de la famille dans la région. Certains de leurs proches ont péris ou ont subi des atrocités. Ils brulent de vengeance et n’auront de répit qu’avec la dernière goutte de sang orc versée.
- Vraiment ? C’est vrai que j’oublie parfois que tous n’ont pas grandi à l’abri des murailles de Cendre.
- Qui plus est, je suis sur que le conseil saura apprécier celui qui aura repoussé définitivement la menace au nord.
- Oui peut être. Mais bien sur, ma seule motivation est de protéger notre peuple. Et si cela suit le désir de nos hommes, il est de mon devoir de pourchasser l’ennemi.
- Evidemment. Je ne crois que quiconque puissent envisager autre chose. La 5ième n’est elle pas le fer de lance de notre défense.
- Voila qui est parlé. J’aurai cru que vos aspirations vous poussaient vers le 11ième, mais je constate que nous avons pu vous instiller un véritable esprit de corps.
- Oui mon général. Puis-je retourner auprès de mes hommes, pour les préparer à repartir ?
- Oui, oui allé-y, j’ai moi aussi à faire. »

En réalité tous les hommes n’étaient pas aussi empressés de partir se battre. Mais les natifs de la région ne seraient pas durs à convaincre, et les autres étaient habitués à suivre les ordres. Torgon retourna vers son ami Boörs, aujourd’hui lui-même sergent.

« Nous repartons. Nous allons chasser de l’orc.
- Déjà ? Je sais que tu pense que c’est mieux, mais je ne croyais pas que le général était de cet avis.
- Je suis allé le voir. Il trouve depuis cette idée, SON idée, excellente.
- Un jour tu t’attireras des ennuis, a vouloir manipuler les puissants.
- D’ici là, ils font ce qui est bon et juste, même si c’est pour de mauvaises raisons.
- Si tu le dis. Mais je préfère rester loin de tout ça. Ma seule ambition est de servir ma cité, et de voir mes mérites reconnus.
- Et c’est ce qui fait de toi un homme de bien. »

Bientôt toute la légion était sur le pied de guerre. Une petite garnison fut laissée pour garder le fort, essentiellement des blessés légers, incapable de suivre le train forcené d’une chasse à l’orc.

Personne n’a jamais pu comprendre exactement ce qu’il c’est passé. Mais des cris retentirent dans la nuit, venant des quartiers du général, qui s’était installé dans une ferme. On le retrouva mort égorgé, entourer des corps du supérieur de Torgon et d’un drow. Vraisemblablement, l’assassin avait réussit à s’introduire dans la pièce, et avait abattu les deux gardes. Le drow a peut être subit des blessures mortelles durant le combat, ou c’est suicidé pour ne pas subir la torture des inquisiteurs.
La légion connu une vague de découragement à l’annonce de la mort du général. Les capitaines étaient partagés sur la décision à prendre. Un voulaient poursuivre la chasse, un autre était contre, et le dernier n’arrivaient pas à se décider. Il faut dire qu’il n’était parvenu à ce poste que parce qu’il était le neveu du défunt général, et il était méprisé par les autres hommes.
Avec la mort de son supérieur, Torgon s’autoproclama capitaine, décision que les autres lieutenants n’osèrent pas désavouer. Ce fut donc sa voix qui trancha. La légion continuerait la poursuite. Les capitaines renoncèrent à choisir un nouveau général d’ici là, préférant un conseil de guerre permanent à des dissensions dans l’état major.

Ils finirent par rattraper les orcs, qui décidèrent de se réfugier dans une ancienne place forte humaine, ravagée par les drows des années auparavant et laissé à l’abandon depuis.
Les quatres capitaines se réunirent pour décider de la stratégie à suivre.


« Attaquons immédiatement, et nous les écraserons, » dit celui qui avait dès le début voulu poursuivre les orcs. On le disait brave, mais Torgon savait que ce n’était qu’un imbécile bagarreur, toujours près à se battre pour sa propre gloire. En somme, un fidèle de Traros typique.
- Ils se tiennent dans les ruines et défendrons âprement l’endroit. Dressons un siège et affamons les, répondit le plus prudent.
- Et si nous dressions le camp à une certaine distance et attendions de voir la réaction de l’ennemi ? suggéra le plus timoré.
- Nous ne connaissons pas assez le terrain pour prendre une décision. Je suggère que nous installions de bonnes défenses devant les ruines. Si ils décident une sortie, nous serons près, et sinon, nous pourrons toujours les attaquer, tout en disposant d’une zone de repli. Je veux bien me charger d’aller repérer les points faibles de leur position.
Torgon avait pris un ton conciliant, espérant que la proposition satisferait tout le monde. Les autres capitaines s’entre-regardèrent. Visiblement, aucun n’avait mieux à proposé. La 5ième légion dressa donc des fossés et des barricades en face des ruines tenus par l’ennemi.

Torgon avança en tapinois dans les broussailles et les arbres qui avaient envahi une place forte autrefois solide et fière. Le tout nouveau capitaine avait espéré trouver une autre voie d’attaque, sachant bien que la légion pouvait difficilement se permettre d’être immobilisé pendant des semaines, voir des mois. Il vit que les fossés étaient encore en assez bonne état, mais totalement à sec, après un été torride. Les hommes risquaient d’avoir du mal à franchir cet obstacle avec les flèches et les haches des orcs en face.
Dépité, Torgon revint au camp et trébucha sur une amphore d’huile à lanterne, qui se vida dans le feu de camp le plus proche. Lequel devint flamboyant, roussissant une tunique mise à sécher. Le feu se propageant aux herbes sèches alentours, et il fallut plusieurs hommes pour empêcher que les flammes ne se propagent.
Torgon eut alors une véritable illumination. Il retourna vers les ruines et étudia plus en détail le fossé. Il alla ensuite chercher Boörs, qui avait atteint le grade de sergent, et ses hommes. Il leur expliqua son idée, et leurs détailla comment la mener à bien. Il alla ensuite trouver les trois autres capitaines.


- Messieurs, je pense avoir trouvé comment résoudre nos problèmes avec ces orcs. Préparez vos hommes pour établir une ligne défensive.
- Et pourquoi viendraient-ils s’empaler sur nos lances ? Je sais que ces bêtes sont stupides, mais pas à ce point.
- Je vous assure qu’ils n’auront d’autres choix que de se jeter vers nous, par la partie sans fossé et végétation.
- Je serai curieux de voir ca.
- Préparons les hommes et vous verrez bien.

Les autres capitaines s’interrogèrent mutuellement du regard. Ils finirent par se dire si Torgon échouait, ca serait une bonne raison pour contester sa montée en grade de retour à Cendre. Ils acceptèrent donc de rassembler la troupe, annonçant que le capitaine Torgon avait trouvé les moyens de forcer les orcs à combattre selon nos conditions. Plusieurs dizaines de minutes s’écoulèrent, et les hommes commençaient à s’impatienter, se demandant si on les avait dérangés pour quelques choses.
Torgon lui-même commençait à douter quand il vit Boörs arriver en courant vers les barricades.


- Tout est prêt, l’huile s’est répandues sans problèmes dans le fossé. Je leur ai demandé d’attendre un peu, je ne voulais rater le spectacle.
- Excellent ! Mes amis, observé l’intelligence humaine triompher de la force brute.

Une fumée s’éleva au loin, et rapidement se répandit sur toute la largeur du camp ennemi. Celui-ci disparaissaient presque dans la fumée noire et âcre. Certains arbres se mirent à bruler, on pouvait entendre l’écorce crépité et le bois craquer.
Les orcs apparurent enfin, le visage noirci et le pas peu assuré. La plupart étaient armées, mais toussaient ne semblaient pas capable de bien combattre. Ils vinrent s’empaler sur les lances des soldats, s’écraser sur les boucliers des fantassins. Les arbalestiers les criblèrent de carreaux et les chevaliers les piétinèrent. Ce fut un véritable massacre, et les hommes ne comptèrent aucune victimes, tout au plus quelques blessés plus ou moins grave.
Alors que la bataille s’apaisait, si on peut nommer ainsi cette tuerie, les hommes commencèrent à être affectés par la fumée. Certains commençaient à s’inquiéter, mais Torgon les envoya protéger la troupe et le camp de l’incendie. Heureusement, le fossé de défense détournait une partie de la rivière proche et permit de préserver la légion.
Jamais la 5ième légion n’avait acclamé un des ces capitaines comme le fut Torgon se jour là. Certains pestèrent contre tous ces beaux arbres qui risquaient de bruler inutilement. Ils n’appréciaient pas non plus de ne plus avoir d’huile pour allumer des torches à la nuit tombé Mais l’immense majorité louait les louanges de celui qui avait évité de faire couler le sang et faisait taire les éternels insatisfaits.


La nomination de Torgon à la succession du défunt général ne fut guère plus qu’une formalité. Les autres capitaines n’étaient pas particulièrement ravis, mais ils n’avaient pas trouvé comment combattre l’engouement de la troupe pour son nouveau chef. Ainsi, Torgon avait réussi à surpassé Yaald, en devenant général avant lui, et grâce à ses seules mérites. Même sa mère le félicita, à sa manière : « Cette fois, tu as été à la hauteur ». Ce qui pour elle était équivalent à de chaleureux encouragements. Quand au père Mokt, il voyait dans cette promotion une récompense de Palar pour la loyauté de Torgon à la vraie foi.


C’est inquiet et nerveux, mais avec un sentiment de fierté, que Torgon assista à son premier conseil de guerre, rassemblant le commandeur et les généraux présent à la cité. C’est le général Arotk qui le présenta à l’assemblée.

- Voici Torgon, qui nous à rejoint récemment à la demande de ses hommes et à la suite de l’infâme assassinat de feu notre pauvre ami Tarl. Il est parfois venu s’entrainer et défier les hommes de ma légion, et je dois dire que j’ai entendu beaucoup de bien de lui. Je ne doute pas qu’il sera à la hauteur de sa tache.

Le commandeur Filkan acquiesça d’un signe de tête, et pris la parole.

- Bien, commençons la réunion. Quelles sont les nouvelles du front ? Général Torgon, pouvez vous nous confirmer que la menace orc au nord est définitivement réglée.
- Oui, sans aucun doute, ils ont tous péris, que se soit par le glaive ou par le feu.
- J’ai cru comprendre que vous aviez utilisé une tactique originale, pourriez vous nous l’expliquez vous-même ? J’ai entendu trop de rumeurs différentes pour savoir où se trouve la vérité.
- Bien Commandeur. Les orcs s’étaient réfugiés dans une ancienne place forte. J’ai pu constater que le fossé qui l’entourait était encore intact. J’ai fait couler toutes nos réserves d’huiles dans le fossé, avant d’y mettre le feu. J’avais observé au préalable la végétation et déterminé qu’elle burlerait facilement. Encerclé par les flammes, nos ennemis n’ont eu d’autres choix que de venir s’écraser contre nos défenses.
- Mais n’avez vous pas pris de risque inconsidéré, en provoquant un incendie potentiellement incontrôlable ?
- Non, car le campement était protégé par la rivière et par nos propres fossés. A aucun moment la légion n’a été menacée. Qui plus est, personne n’exploite la région, aucun civil ne risquait donc d’être blessé.
- Bien, saluons la présence d’esprit de notre nouveau collègue, qui à sans doute permis d’épargner de nombreuses vies. Quelle est la situation pour nos autres forces ?
- Le sud est solidement tenu par ma légion, le bras armée de Palar n’a pas rencontré d’opposition sérieuse, tout juste quelques bandes éparses et des bandits de grands chemins, affirma avec une certaine suffisance le général de la 11ième.
- Les montagnes de l’est sont solidement tenues. Et des mesures ont été prises pour mieux surveillés certains cols, sans doute ceux par lesquels les orcs se sont infiltrés dans le nord, déclara le général de la 7ième, la légion de Yaald.
- L’ouest est sur jusqu'à la mer, » affirma le général de là 4ième légion.
« Bien, maintenant que la question de nos défenses est réglée, j’aimerais que nous examinions le cas de la 9ième légion. Vous n’êtes pas sans savoir que la succession du général, parti à la retraite, est soumise à de vives polémiques. Il a refusé de désigné un successeur, et chaque capitaine se verrait bien être promu.
- Je croyais que nous avions décidé de laisser les soldats choisir eux même parmi les capitaines.
- Effectivement, mais la situation s’enlise, et les dissensions sont de plus en importantes, il va falloir trancher pour éviter que cette légion ne soit définitivement désunie.
- Est-il encore pertinent de la conserver en l’état ? Elle a subi de lourdes pertes, et les hommes pourraient rejoindre des légions différentes.
- J’ai peur que ca ne règle par leurs querelles, et qu’au contraire, ils exportent leurs dissensions internes entre les légions. Nous savons tous à quel résultat cela pourrait nous mener. Je ne pense pas que nous puissions oublier que la défiance entre les légions ait grandement contribué à notre défaite lors de la grande guerre.
- Bien sur que non. Il me semble que lors du précédent vote, nous étions parvenus à une égalité, en raison de l’abstention du général Arotk. Avez-vous finalement changé d’opinion ?
- Il semble que je ne puisse rester dans l’indécision. Je préférerai donc Gérün, le petit neveu de notre ami le général de la 10ième.
- Et outre cette amitié et un lien de famille évident, pour quelle raison le soutenez-vous ? Ses compétences militaires m’ont toujours semblé hautement discutables », attaqua le général de la 6ième.
- Car vous vous prétendez objectif, alors qu’on murmure que son concurrent sera bientôt votre beau-fils ?
- Il est hors de question que je me laisse insulté de la sorte ! Insinueriez vous que je pourrais me laissez influencer alors que nous parlons de la sécurité de Cendre ?
- N’est ce pas ce dont vous m’accusez ?!
- SUFFIT ! Que le vote du général Arokt soit enregistré. Mais il me semble que feu le général de la 5ième légion avait soutenu le même choix. C’est donc désormais le vote du général Torgon qui est déterminant. Qui souhaitez vous voir dirigez la 9ième ?
- Je ne crois qu’il serait sage de ma part de me prononcer immédiatement. Je n’ai eu connaissance de cette affaire que récemment, et je ne souhaite pas prendre de décision précipitée. Je demande donc à ce que le vote soit reporté à la prochaine cession.
- Accordé. Cela vous laisse donc une semaine pour choisir. Quelqu’un voudrait il aborder un autre sujet ?

Personne ne se prononça et la session fut déclaré close. Filkan semblait surpris que son cadet n’ait pas soutenu sans réserve les généraux fidèles à Palar, ceux des 10 et 11ième légions. Quand au général Arotk, il semblait contrarié et quitta la salle sans adressa un mot à Torgon.
Celui-ci avait remarqué à quel point les autres généraux se défiaient du jugement d’Arokt, et se demandait si son soutien était réellement une bonne chose. Quelques heures après, Arokt vient le trouver pour parler de cette nomination.


- Je vous rappelle que le neveu du général est fidèle à Palar, et issu d’une famille respectable. Son concurrent n’est qu’un arriviste sans scrupule.
- Je ne l’oublierai pas, mais je désire rencontrer les deux hommes avant de prendre ma décision.
- J’espère que vous ferez le bon choix.

Arotk n’apprécia pas vraiment que Torgon ne face pas confiance à son jugement, mais préféra éviter une confrontation direct. Dès le lendemain, Torgon reçu Gérün, soutenu par le général Arokt, bien décidé à le tester. On lui avait rapporté qu’il fréquentait un peu trop certains sénateurs hostiles à l’influence du clergé de Palar.

« On vous à sans doute informé que les votes du conseil de guerre font reposer la résolution de votre « problème » sur moi. Alors ne perdons pas de temps à évitez le sujet. Pour quel raison êtes-vous le plus apte à occuper cette fonction ?
- Mon adversaire ne suit que sa propre ambition. Taran est issu d’un milieu à peine bourgeois, il désire uniquement accéder à des hautes fonctions. Je ne pense pas que la 9ième légion doive servir de tremplin à ses ambitions.
- Vous venez de me parler des défauts de votre concurrent, pas de vos qualités. Pourquoi êtes-VOUS plus capable que lui d’intégrer l’état major.
- Hé bien, ma naissance m’a fournit toute l’éducation nécessaire sur la stratégie militaire et le commandement. Il est naturel que cette fonction me revienne.
- L’éducation est une chose, le talent en est une autre. Avez-vous les deux ?
- Mais … heuu … bien sur. Je ne crois pas que la question se pose.
- Alors pourquoi une majorité de vos hommes ne vous soutiennent pas ?
- Ils me reprochent une légère erreur que j’ai commise il y a quelques années. Je n’étais que lieutenant et j’avais négligé la défense d’une tourelle et nos ennemis s’en sont servis pour prendre pied dans la forteresse. Il est vrai que nous avons subi des pertes en reprenant la tour. Mais je ne crois pas qu’une petite erreur aussi ancienne puisse être retenue contre moi.
- Il me semble effectivement me rappeler de cette affaire. » En réalité, il avait fallu l’action de plusieurs divisons pour repousser l’attaque. Cette « petite erreur » avait failli coûter les défenses nord ouest de Cendre.
« Changeons de sujet. En quoi soutenez-vous activement les valeurs de Palar ?
- Je défends Cendre et j’effectue mes dévotions quotidiennes. On ne saurait m’accusez d’impiété.
- Et vous arrive-il d’honorez d’autres dieux ?
- Ma légion n’est pas consacrée au Grand Dieu. Il m’arrive donc de participer à des cérémonies collectives en l’honneur de Traros. Vous êtes également étranger aux 10ième et 11ième légions, vous comprenez donc ma situation.
- Oui, bien sur. Palar est par bien des cotés très exigeant. Traros sait parfois apporté du réconfort spirituel au soldat, quand Palar ne parle que de vertu. Je pense que nous nous rejoignons sur ce point.
- Oui, la souplesse d’esprit est nécessaire pour qui veux comprendre et agir dans ce monde. Nous ne sommes plus des enfants pour agir sans réflexion, » répondit-il avec un regard entendu.
« Bien, je pense en avoir assez entendu pour faire mon choix. Vous comprenez que, par soucis d’équité, je vais tout de même rencontrer votre adversaire.
- Oui, mieux vos respecter les formes. » Il semblait persuader d’avoir remporté la partie, et dissimulait difficilement un sourire. Il croyait avoir trouvé en Torgon un autre ambitieux, pour qui le soutien de l’église de Palar était un droit presque aristocratique et non une question de foi. Arokt était vraiment aveugle de regarder seulement sa naissance pour se fier à lui. Son manque de foi et son incompétence le disqualifiait définitivement.
Restait à voir son concurrent. Celui devait croire que Torgon soutiendrait un membre d’une autre famille noble. Torgon réfléchit toute la journée à la meilleure manière de profiter de la situation, avant de convoquer l’homme en question.


« Vous savez pourquoi je vous ai fait venir. Quelle raisons aurais-je de vous favoriser ?
- Je suis bien plus compétent que cet imbécile. Les hommes me soutiennent.
- Je pense que nous sommes d’accord là dessus. Bien des aspects chez cet homme ne me plaisent pas. Mais on vous décrit comme un ambitieux, un arriviste. Qu’avez-vous à répondre à cela ?
- Que ses héritiers de lignées dégénérées ne supportent pas de voir un homme issu du commun les surpassés.
- Et jusqu’où vont vos ambitions ?
- Mes grands pères étaient pelletier et tonnelier. Mon père est un petit négociant de fourrure. Il y a quelques années, je n’aurais pas osé viser une situation aussi élevé que l’état major.
- Et quelle sont vos positions religieuses.
- Je n’en ai pas réellement. Je préfère que les hommes aient le courage de prendre leurs décisions seuls. Il n’y a que les dieux sombres que je rejette. Mes opinions et ma morale me porte plutôt vers Palar, Traros, ou Murang.
- Je vois. Mais vous comprenez, je subi pourtant d’importantes pressions ne PAS vous choisir. J’aurai des comptes à rendre. Où se situe mon intérêt si je vous nomme ? Pourrais-je compter sur vous le moment venu ?
- Vous tenez mon destin entre vos mains. Je vous soutiendrai dans n’importe quelle bataille, qu’elle se mène par les armes ou sur les tribunes. Je ne suis pas un ingrat.
- Non, vous n’êtes ni un nain, ni gras. » Taran eut un sourire forcé face à cette bien pauvre plaisanterie. Il n’arrivait pas à déterminer si Torgon se montrait amical ou s’il jouait avec lui. « J’ai pris ma décision. Vous serez le prochain général de la 9ième. Préparons nous à affronter une petite tempête lors du prochain conseil de guerre. J’imagine que certains n’apprécieront pas ma décision. Je vous conseil d’établir une garde sérieuse sur votre personne. Si vous veniez à mourir « accidentellement », cela ferait les affaires de beaucoup de monde.
- Ou … oui, je comprends. Vous ne le regretterai pas.

Le conseil venu, le spectacle était assez étrange. Taran apparaissait peu sur de lui, alors que son adversaire semblait déjà certain de sa nomination.

« Général Torgon, nous sommes en présence des deux plaignants. Avez-vous pris une décision ?
- Oui, Commandeur. J’ai longuement étudiés les qualités militaires et morales de ces deux hommes. Aucun n’a démérité, mais c’était aussi mon devoir que de prendre une décision dans ces conditions difficiles. Après une longue réflexion, j’ai décidé de choisir Taran.
- QUOI ? C’est un scandale. Le général Torgon m’avait assuré de son soutien, » s’écria Gérün.
« - J’ai dit que vous m’aviez fournit des éléments de réponse. C’est vous et vous seul qui en avez déduit que mon choix était déjà fait.
- Silence. Général Torgon, confirmer vous votre décisions ?
- Affirmatif, Commandeur.
- Quelqu’un dans l’assemblée souhait-il modifier son vote ou a-t-il une déclaration à faire ? » Le général de la 10ième semblait ulcéré, et foudroyait du regard le général Arokt, qui lui-même regardait vers Torgon d’un air suspicieux.
- Personne ? Alors je déclare cette question réglée. Le capitaine Taran est promu au poste de général de la 9ième légion. Tous les membres de cette légion seront tenus de lui prêter allégeance et d’obéir à ses ordres.

Le reste du conseil se déroula dans une ambiance tendue, les opposants à Taran acceptant de mauvaise grâce toute intervention de sa part ou de celle de Torgon. Peu après, Arokt demanda à voir Torgon en privée.

- Jeune homme. Puis-je savoir pourquoi vous avez exclu de l’état major un fidèle, issu d’une famille puissante et dévoué à Palar ?
- Je ne jugerai pas sa famille. Mais sa foi n’est pas plus sincère que celle de Taran.
- Alors vous avez pourtant préféré choisir le plébéien ?!
- J’ai choisi le plus compétent d’un point de vue militaire. Et contrairement à votre candidat, je suis sur de pouvoir lui faire suivre la voie de Palar.
- Je ne crois pas qu’il vénère le Grand Dieu. On dit même qu’il serait athée. » Le dernier mot avait été prononcé avec dégout et mépris.
« Pas totalement, mais la religion n’entre guère dans ses préoccupations.
- Et vous avez confié une légion à un homme comme celui la ?!?
- Un homme qui me sera reconnaissant. Si je désigne des ennemis de Palar, il les combattra avec ardeur. La question de sa foi ne n’affecte que le devenir futur de son âme. Mais je suis sur que dans cette vie, il servira les desseins de Palar fidèlement.
- J’espère que vous avez raison. Il est trop tard de toute façon. Mais j’aimerais que vous me préveniez une autre fois.
- Oui, j’aurai effectivement du vous informer.

Et la vie reprit à Cendre, plutôt paisible. Les seuls problèmes importants concernèrent les taxes sur les métaux, le montant du droit de passage des caravanes du sud, une trentaine d’orcs en vadrouille et une mutinerie au sein de la 2ième légion. Filkan nomma Yaald son conseiller. En vérité, Yaald dut plus profiter des conseils de son père que l’inverse, mais nul ne trouva à y redire.
Torgon se mit à fréquenter les repas organisés par les sénateurs et nobles marchands. Au début en qualité de cavalier et de protecteur de Minlys, puis seul. Beaucoup était curieux de voir ce cadet de Filkan, affilié à la famille Antac, et qui avait gravi les échelons militaire à grande vitesse. Avec le temps, Torgon apprit à se comporter avec ce genre de personnes. Il se montrait aimable et affable, louant ses hôtes sans exagération, et animant les soirées par ses plaisanteries et ses récits épiques, souvent édulcoré pour ne pas indisposer les dames. Il établit ainsi de solides relations avec le pouvoir, qu’il soit politique ou financier.
Fréquemment, il croisait son frère. Ils s’évitèrent durant une longue période, puis finir par se rapprocher, se découvrant des points communs. Ils étaient tous les deux fier de servir dans l’armée, et pouvait discutait stratégie jusqu’à des heures indues. Ils avaient aussi les mêmes ambitions pour Cendre, désirant en faire un centre majeur, tant militaire qu’économique et culturelle. Par un accord tacite, ils évitaient tous les deux la question religieuse, ne voulant pas porter atteinte à leur fraternité toute neuve.
Par ailleurs, on commençait à chercher des épouses aux deux frères, la plupart des gens jugeant qu’il était grand temps pour eux de fonder un foyer. Mais Yaald était un sentimental, qui ne voulait se lier qu’à celle qu’il aimerait réellement. Torgon, lui, avait déjà été présenté à de nombreuses filles de familles nobles fidèles à Palar. Mais il les trouvait insipides ou se montraient manipulatrices et lui rappelait bien trop sa mère. Il cherchait une femme qui partageait sa foi, mais qui serait aussi forte et fière, une guerrière, qu’il n’aurait pas besoin de soutenir ou dont il n’aurait pas besoin de se méfier.
L’un et l’autre participèrent ou accueillir des missions diplomatiques aux alentours. Yaald allât jusqu’à la cité naine de Khelekost. Torgon ne savait pas quoi pensé d’une cité naine rendant hommage au Grand Dieu. Le père Mokt admit que les nains étaient des êtres proches des hommes, suffisamment pour servir Palar correctement. Mais il doutait que tout un karak puisse suivre fidèlement cette voie. Yaald revint triomphant de son voyage, avec dans la poche d’importants accords commerciaux concernant l’acier et même le mithril, ainsi qu’un déboucher pour le minerai des mines récemment ré-ouvertes.
Torgon lui se rendit dans le nord. Ils passèrent par Azanie, puis se rendirent à Blancfaucon. Le tout jeune général admira la cité à cheval sur les deux bras du fleuve. Il y rencontra d’autres fidèles de Palar. C’est à cette époque qu’il se mit à souhaiter un rassemblement entre les fidèles. On lui parla d’une cité dans les montagnes, Aziel, qui était vu par beaucoup des fidèles comme un lieu de foi et de pèlerinage. Mais il ne put s’y rendre, les fonds destiner au voyage étant presque épuisés. Il discuta sur la possibilité d’alliance militaire, et rencontra un bon accueil. Il promit d’en parler à son retour et d’appuyer cette idée.

Filkan prenait de l’âge, souffrait de terribles maux de ventre. Il se reposait donc de plus en plus sur Yaald pour mener sa tache de commandeur. Dans les faits, Yaald était déjà à moitié commandeur, ce qui finit par se remarquer. Un jour Filkan repéra une poudre blanche suspect dans sa confiture ; il pensa à de la moisissure. Il accusa le cuisinier de négligence, qui après maintes excuses serviles donna le pot à manger à un cochon, afin de ne pas le gâcher totalement. A peine quelques heures plus tard, le cochon était à l’agonie. Le cuisinier alerta aussitôt le commandeur que sa nourriture avait sans doute été empoisonnée.
La nouvelle se répandit dans la ville comme une trainée de poudre. On avait tenté de tuer Filkan. Une enquête approfondie fut menée. Il se révéla que les coupables étaient un groupe de sénateurs qui avaient détournés des fonds destinés aux légions il y a quelques mois. Les sénateurs avaient été destitués et durent payer une amende colossale, et échappèrent de peu à la prison. Ils décidèrent donc de supprimer cet empêcheur de voler en rond en introduisant un homme à leur service parmi ses domestiques. Les anciens sénateurs furent condamnés à mort et rapidement exécutés.
L’affaire aurait pu en rester là, mais un élément curieux apparu dans l’enquête. Un témoin rapporta avoir vu le général Taran roder avec les assassins. Un autre déclara avoir vu des petits sachets d’une poudre blanche étrange à son domicile. Bien sur, un des enquêteurs vendit la mèche, et toute la ville spécula bientôt sur les motivations du général. Certains se rappelèrent que Torgon était un proche du général, et commencèrent à imaginé un sombre complot familiale.
Alerté, Torgon décida de mener sa propre enquête. Il découvrit que les témoins ne pouvaient pas avoir vu Taran avec les conjurés, car il était alors en mission de reconnaissance près du lac nord. Et que la poudre blanche avait été acheté à un herboriste, qui affirma qu’elle apaisait les furoncles. Malgré un certain gout pour les scandales, la ville due finalement renoncer à la thèse du complot.
Torgon lui, aurait voulu savoir à qui Taran et lui devait ses soupçons et ses accusations mal ficelées. Devinant où cherché, il rassembla rapidement des preuves suffisantes pour confondre Gérün. En effet, celui-ci avait été aussi peu discret dans son complot que stupide dans le choix des fausses preuves. Un procès pour haute trahison fut lancé. Cela peut sembler exagéré, mais toute atteinte à des membres de l’état major pouvait valoir cette classification, et donc la peine capitale. Pour sauver sa tête, Gérün révéla une quantité impressionnante de crimes et de malversations commises par sa famille ou des relations proches. Sa peine fut commuée en exil à vie, et une bonne quarantaine d’autres eurent droit à la potence. Par la suite, les gens désignèrent cette série de rebondissements judiciaires comme « la purge ».


Le suite de la montée au pouvoir de Torgon se trouve dans ce manuscrit.
Ses liens avec l'ost du glaive ardent son décrit plus amplement dans celui-ci.